19 novembre 2007
Sud Rail et une fédération d'usagers réclament une table ronde sur la gratuité dans les transports en guise de grève.
La SNCF freine pour des questions de sécurité.
Sud-Rail a peut être trouvé le moyen de faire taire les râleurs en rade sur les quais de gare un jour de grève. Le syndicat, et la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP) ont en effet remis le sujet de la grève de la gratuité sur le tapis. Soit au lieu de ne pas circuler du tout, mettre les trains en marche mais en faisant voyager les usagers à l'oeil. De quoi, effectivement, convertir les usagers aux mouvements sociaux dans les transports.
C'est grâce à un arrêt
de la Cour européenne des droits de l'homme, rendu le 17 juillet
dernier, que le sujet est réapparu. La Cour a été amenée à se prononcer
au sujet du mouvement d'agents de péage turcs qui avaient, pour montrer
leur mécontentement, permis aux automobilistes de passer sans payer.
Elle a jugé que cet acte "pourrait être considéré comme une action
collective d'ordre général dans le contexte de l'exercice des droits
syndicaux". Leur action est donc licite.
Les actions judiciaires en dommages et intérêts engagées par
l'administration turque ont constitué "une ingérence dans leur droit à
la liberté d'association", a jugé la CEDH. Sud rail s'est donc emparé
du sujet pour demander la reconnaissance en France de la grève de la
gratuité.
En effet, pour l'instant la SNCF considère encore que le fait de faire
voyager gratuitement des clients est une faute professionnelle. «A
chaque tentative, explique Christian Aubineau, militant sud Rail, les
sanctions envers les employés ont été assez lourdes, des blames, des
grèves refusées. Le règlement de la SNCF l'interdit tout simplement ».
La grève de la pince, qui consiste en fait à ne pas contrôler les
billets aurait d'ailleurs déjà provoqué des sanctions dans les rangs.
En 1989, la direction de la SNCF avait prévenu les contrôleurs que le
mouvement constituait «une véritable remise en cause des obligations
même du contrat de travail» des contrôleurs. De quoi refroidir les
ambitions.
Le syndicat demande donc une table ronde entre le ministère, les
représentants du personnel et l'entreprise pour faire changer ces
statuts et adapter donc le règlement à la décision européenne.
Toutefois cela ne devrait pas fonctionner pour le mouvement du
13novembre. Il n'est pas possible spontanément de démarrer un tel
mouvement. « cela nous emmènerait dans des porcès qui s'étaleraient sur
une dizaine d'années, difficiles à assumer », prévient le syndicaliste.
La SNCF n'est, de plus, pas pressée de mettre cette grève de la
gratuité en marche. Il faut reconnaître que sa mise en application pose
d'ores et déjà des interrogations. En effet, quand elle transporte des
voyageurs, la SNCF est garante de leur sécurité et les assure durant
leur voyage. Or la seule preuve dont disposent ces voyageurs assurés
est leur titre de transport.
De plus, la grève de la gratuité concerne une certaine catégorie de
salariés, ceux qui se chargent du contrôle et il s'agirait alors de
s'assurer qu'ils sont effectivement grévistes. « Il est clair que la
grève de la gratuité serait mieux perçue qu'une absence de train,
explique Christian Aubineau, et nous espérons qu'elle devienne légale ».

